Cet article a pour objet de mieux connaitre les troubles de la personnalité et du comportement dans le but de mieux les comprendre et donc de mieux les accompagner au quotidien.
Il faut savoir qu’en France 10 pour cent de la population souffrent de ce type de troubles, et que 10 millions de personnes hospitalisées en unités psychiatriques ont des troubles de la personnalité.
Dans le cadre de mon accompagnement thérapeutique, la certification en psychopathologie clinique m’amène régulièrement à accompagner des personnes ayant besoin d’éclairer des comportements les faisant souffrir, elles et leur entourage.
C’est donc dans le cadre de ma pratique que je suis amenée à poser des hypothèses de diagnostic (les diagnostics étant exclusivement réservés aux médecins psychiatres vers lesquels je peux au besoin orienter mes consultants).
Dans ce cadre, je dispose du manuel DSM 5 qui actualise les connaissances des troubles mentaux et neurodéveloppementaux.
QU’APPELLE-T-ON LES TROUBLES DE LA PERSONNALITÉ ?
Les troubles de la personnalité sont caractérisés par des schémas omniprésents et persistants de pensées, de perception, de réaction et de relations entrainant une souffrance pour la personne et/ou nuisent considérablement à sa capacité à fonctionner.
Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, les troubles de la personnalité désignent des «modalités de comportement profondément enracinées et durables consistant en des réactions inflexibles à des situations personnelles et sociales de nature très variée. Ils représentent des déviations extrêmes ou significatives des perceptions, des pensées, des sensations et particulièrement des relations avec autrui par rapport à celles d’un individu moyen d’une culture donnée ».
Selon le Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux (DSM 5) publié par l’Association américaine de psychiatrie, ils désignent « une anomalie de la manière d’être au monde d’un sujet (dans ses pensées, ses sentiments, ses relations aux autres) telle qu’elle entraîne des perturbations significatives de son fonctionnement social ou bien un état de souffrance. »
Les traits de personnalité correspondent à des schémas relativement stables de pensée, de perception, de réaction et de relation. Par exemple, certaines personnes ont tendance à être de mauvaise humeur et fermées. D’autres ont tendance à être plus extraverties et sociables.
On parle de troubles de la personnalité lorsque les traits de personnalité sont si prononcés, rigides et inadaptés qu’ils deviennent une source de problèmes au travail, à l’école et/ou dans les rapports de la personne avec les autres. Les personnes souffrant de troubles de la personnalité semblent souvent contradictoires, déroutantes et agaçantes pour autrui et leur entourage. Ces inadaptations sociales peuvent entraîner une souffrance importante chez les personnes atteintes de troubles de la personnalité et chez leurs proches.
Les personnes atteintes d’un trouble de la personnalité ne modifient pas leurs schémas de réponse, même lorsque ceux-ci s’avèrent à plusieurs reprises contre-productifs et que leurs effets sont négatifs. Ces schémas sont dits inadaptés dans la mesure où les personnes n’ajustent pas leur comportement alors que les circonstances l’exigent. La sévérité ainsi que la durée pendant laquelle ces modèles inadaptés persistent sont variables.
Dix types de troubles de la personnalité sont répertoriés en 3 groupes, chacun d’eux se caractérisant par différents problèmes liés à l’image de soi et aux modèles de réponses vis-à-vis d’autrui ou d’un évènement stressant :
Le groupe A correspond aux sujets bizarres ou excentriques :
- Personnalité paranoïaque : se caractérise par une méfiance et de la suspicion par lesquelles les motifs des autres sont souvent interprétés comme étant malveillants.
- Personnalité schizoïde : se caractérise par un détachement des relations sociales et un éventail restreint de la variété d’expression émotionnelle.
- Personnalité schizotypique : se caractérise par un malaise aigu dans les relations étroites, par des distorsions cognitives ou perceptuelles et des excentricités du comportement.
Le groupe B correspond aux sujets d’apparence théâtrale, émotifs ou instables :
- Personnalité antisociale : se caractérise par un irrespect et une violation des droits des autres individus.
- Personnalité borderline : se caractérise par une instabilité des relations interpersonnelles, de l’image de soi et des affects, et une impulsivité prononcée.
- Personnalité histrionique : se caractérise par une émotivité et une quête d’attention excessives.
- Personnalité narcissique : caractère égocentré, s’exprime par des fantaisies ou des comportements grandioses, un besoin d’admiration et un manque d’empathie.
Le groupe C, qui correspond aux sujets anxieux ou craintifs :
- Personnalité évitante : se caractérise par une inhibition sociale, un sentiment d’inadéquation ; ne pas être à la hauteur et une hypersensibilité à une évaluation négative d’autrui.
- Personnalité dépendante : se caractérise par un comportement de soumission et d’accrochage « collant » associé à un besoin excessif qu’on s’occupe de la personne.
- Personnalité obsessionnelle-compulsive : se caractérise par une préoccupation concernant la discipline, l’ordre, le perfectionnisme et le contrôle.
QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?
Les symptômes varient selon le type de trouble.
En général, la personne rencontre des difficultés pour établir des liens avec autrui ainsi que gérer le stress et/ou elle présente une image d’elle-même pouvant varier en fonction de la situation et diffère de la façon dont les autres la perçoivent. Lorsque la personne persiste à se voir ou à voir les autres d’une façon irréaliste ou lorsqu’elle continue à agir d’une façon qui entraine des conséquences négatives, le médecin psychiatre envisage un diagnostic de trouble de la personnalité.
Cependant, nous pouvons lister quelques symptômes ; sautes d’humeur, comportements à risques, impulsifs ou destructeurs, anxiété, dépression, peur de la solitude ou de l’abandon, sensation persistante de vide, de désespoir, haine de soi, idées suicidaires, toxicomanie.
QUELLES SONT LES CAUSES ?
On ignore encore les causes des troubles de la personnalité, mais les chercheurs ont commencé à explorer certains facteurs tels que la prédisposition génétique, les traumatismes subis à l’enfant, la violence entre adultes ou partenaires intimes, la réactivité élevée et l’hypersensibilité, l’influence exercée par les pairs.
Les troubles de la personnalité sont le résultat d’une interaction génétique et environnementale. Certaines personnes naissent avec une tendance génétique à souffrir d’un trouble de la personnalité et cette tendance est ensuite effacée ou renforcée par des facteurs environnementaux. Les gènes et l’environnement contribuent de façon à peu près égale au développement des troubles de la personnalité.
QUELS ACCOMPAGNEMENTS ?
Les troubles de la personnalité font partie des troubles les plus difficiles à traiter en psychiatrie.
Le patient ne verra pas son comportement comme inadapté. Généralement, les médicaments ne changent rien aux troubles de la personnalité mais peuvent contribuer à atténuer les symptômes qui sont sources de souffrance pour le patient.
Un traitement adapté permet de soulager et aider les patients souffrant de troubles de la personnalité.
L’accompagnement passe généralement par la prescription d’antidépresseurs et d’anxiolytiques visant à atténuer les symptômes de la dépression et des angoisses. Des antipsychotiques peuvent également être prescrits dans certains cas (confusion de la pensée).
Les traitements médicamenteux sont associés à une psychothérapie permettant au patient de prendre conscience de son rôle dans la création de ses problèmes, de mieux comprendre son propre fonctionnement, ce qui l’aide, à terme, à mieux gérer ses émotions et à modifier son comportement socialement indésirable.
Dans certains cas, le traitement de ce type de trouble peut nécessiter une hospitalisation.
